Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
La Marquise sortit à cinq heures... sélection d'incipit

Par où commencer? demandait Roland Barthes. Et de répondre, tout bêtement, par le début. Et si la peur de la page blanche venait de toutes les pages déjà noircies?

Ἄνδρα μοι ἔννεπε, Μοῦσα, πολύτροπον, ὃς μάλα πολλὰ" HOMERE, L'Odyssée - incipit (plusieurs traductions)

Publié le 21 Janvier 2015 par Seren Dipity in Homère, antiquité

Ἄνδρα μοι ἔννεπε, Μοῦσα, πολύτροπον, ὃς μάλα πολλὰ
πλάγχθη, ἐπεὶ Τροίης ἱερὸν πτολίεθρον ἔπερσε· 
πολλῶν δ' ἀνθρώπων ἴδεν ἄστεα καὶ νόον ἔγνω,
πολλὰ δ' ὅ γ' ἐν πόντῳ πάθεν ἄλγεα ὃν κατὰ θυμόν,
ἀρνύμενος ἥν τε ψυχὴν καὶ νόστον ἑταίρων. 5
Ἀλλ' οὐδ' ὧς ἑτάρους ἐρρύσατο, ἱέμενός περ· 
αὐτῶν γὰρ σφετέρῃσιν ἀτασθαλίῃσιν ὄλοντο,
νήπιοι, οἳ κατὰ βοῦς Ὑπερίονος Ἠελίοιο
ἤσθιον· αὐτὰρ ὁ τοῖσιν ἀφείλετο νόστιμον ἦμαρ. 
Τῶν ἁμόθεν γε, θεά, θύγατερ Διός, εἰπὲ καὶ ἡμῖν.

Certon (1604)
Muse raconte moy l'homme fin et rusé
Qui si longtemps erra, depuis qu'il eut rasé
Le sacré mur de Troye, et d'hommes et de villes
Remarqua les façons farrouches et civiles,
Il eut en son esprit en courant les mers
Des douleurs en grand nombre, et des travaux amers
Pour garder plein de soin et de peyne infinie
Sa vie et ramener ceux de sa compagnie.
Boitet (1619)
Chere Muse, anime ma veine, espure mes esprits, et favorise mon entreprise, à ce que
sous ta saveur je puisse avec merite entonner par mes escrits, les ruses, les artifices et
la gentillesse d'esprit de cest homme rusé. Dechiffre moy les estrangers adventures, et
les hazards qu'il a risqué sur la mer pendant ses divers voyages, errant çà et là parmy
les pays lointains, et havres estrangers, s'accomodant selon les occurences, aux lieux,
aux saisons, aux mœurs et coutumes des royaumes où par hazard il s'est rendu apres
avoir mis à sac, et reduit en poudre la superbe et sacrée cité de Troye : raconte moy
avec combien de peine il a mesnagé sa vie depuis ce temps-là, et avec quel soing et
providence il s'estoit mis en devoir de garantir ses camarades du naufrage, et de leur
faire libre passage pour retourner bagues fauves en leur patrie...
La Valterie (1681)
Parlez-moy, divine Muse, de la sagesse de ce Heros, qui apres avoir pris la superbe
Troye, erra de Ville en Ville, et connût les Coûtumes differentes de tant de Peuples.
Il prenoit un extrême soin de la conservation, et du retour de ses Compagnons ; et
sans doute il les auroit conduits heureusement dans leur Patrie.
Dacier (1712)
Muse, contez-moi les aventures de cet homme prudent qui, après avoir ruiné la ville
sacrée de Troie, fut errant plusieurs années en divers pays, visita les villes de
différents peuples, et s'instruisit de leurs coutumes et de leurs mœurs. Il souffrit des
peines infinies sur la mer pendant qu'il travaillait à sauver sa vie et à procurer à ses
compagnons un heureux retour.
Dubois de Rochefort (1777)
Muse, chantez ce roi prudent et courageux,
Qui long-temps égaré sur les flots orageux,
Après que sa valeur, par le fer et la flamme,
Eut brisé les remparts de l'antique Pergame,
De cent Peuples fameux vit les loix et les mœurs,
Avec ses compagnons souffrit de longs malheurs,
Et contre les fureurs des Vents et de Neptune
Défendit constamment leur vie et sa fortune.
Gin (1784)
Muse, raconte les travaux de ce Sage qui fut si long-tems égaré sur le vaste des mers,
lorsqu'il eut détruit les murs sacrés de Troye, qui parcourut de nombreuses cités, et
s'instruisit du génie des Nations ; dis-nous de quelles douleurs son ame fut pénétrée,
par quelle prudence il échappa aux périls dont il étoit environné ; dis-nous ses efforts
pour procurer le retour de ses compagnons.
Bitaubé (1785)
Chante, ô Muse ! Ce mortel prudent, qui, après avoir détruit les remparts sacrés de
Troie, porta de climats en climats ses pas errans, parcourut les cités nombreuses de
divers peuples, et s'instruisit de leurs mœurs. Sur les mers, en proie à des soins
dévorans, il essuya les revers les plus terribles, aspirant au prix de ses jours et à
ramener heureusement ses compagnons dans leur patrie...
Bitaubé (1810)
Muse, chante ce héros fameux par sa prudence, qui, après avoir détruit les remparts
sacrés de Troie, porta de toutes parts ses pas errans, parcourut les cités de peuples
nombreux, et s'instruisit de leurs mœurs. Sur les mers, en proie à des soins dévorans,
il lutta contre les revers les plus terribles, aspirant à sauver ses jours et à ramener ses
compagnons dans sa patrie...
Dugas Montbel (1818)
Muse, redis-moi les malheurs de cet homme prudent qui longtemps erra sur la terre
après avoir détruit les remparts sacrés d'Ilion, qui parcourut un grand nombre de
villes, et connut les mœurs des peuples. Cet héros, en traversant les mers, supporta de
pénibles travaux pour sauver sa vie, et procurer un heureux retour à ses compagnon ;
mais il ne put, malgré son désir, les arracher à la mort : tous périrent par leur propre
faute. Les insensés osèrent manger les troupeaux du soleil, et ce dieu leur enleva pour
jamais l'instant désiré du retour.
Dugas Montbel (1830)
Muse, redis-moi les malheurs de cet homme fertile en stratagèmes qui longtemps erra
sur la terre après avoir détruit les remparts sacrés d'Ilion, qui visita les villes, et connut
l'esprit d'un grand nombre d'hommes ; qui sur mer souffrit dans son âme bien des
douleurs pour obtenir son propre salut et le retour de ses compagnons ; mais il ne put
les sauver, malgré ses efforts : ils périrent par leurs propres attentats. Les insensés ! ils
mangèrent les troupeaux du Soleil, et ce dieu les priva du jour du retour. Déesse, fille
de Jupiter, dis-nous une partie de ces aventures.
Leprince Lebrun (1819)
Muse, chant cet homme souple, divers, fécond en ruses et en stratagèmes, qui, après
avoir renversé les murs sacrés de Troie, erra long-temps, vit des peuples nombreux, et
connut leurs esprit, leurs mœurs et leurs lois.
Sur la mer, le cœur dévoré de peines et de soucis, il lutta longtemps pour sauver sa vie
et assurer le retour de ses compagnons.
Bareste (1842)
Muse, chante ce héros, illustre par sa prudence, qui longtemps erra sur la terre après
avoir détruit la ville sacrée de Troie, qui parcourut de populeuses cités, s'instruisit de
leurs mœurs, et fut, sur les mers, en proie aux plus vives souffrances pour sauver ses
jours et ramener ses compagnons dans leur patrie. Mais, malgré tous ses efforts, il ne
put les y conduire, et ils périrent victimes de leur imprudence : les insensés osèrent se
nourrir des troupeaux consacrés au céleste soleil, et ce dieu leur enleva la journée du
retour ! Déesse, fille de Jupiter, raconte-nous quelques-unes de ces aventures.
Guiguet (1846)
Muse, chante ce héros plein d'artifices qui longtemps erra lorsqu'il eut renversé la
saint Ilion. Il visita de nombreuses cités, et connut les mœurs des peuples divers. Il
souffrit, sur la vaste mer, des maux cruels en cherchant à conserver sa vie et à ramener
ses compagnons.
Pessonnaux (1850)
Muse, dis-moi ce guerrier, fécond en ressources, qui erra si longtemps, après avoir
renversé la ville sacrée de Troie : il vit les cités de bien des peuples, et s'instruisit de
leurs mœurs ; sur la mer, il souffrit en son cœur des peines sans nombre, dans le but
d'assurer et son salut et le retour de ses compagnons.
Leconte de Lisle (1867)
Dis-moi, Muse, cet homme subtil qui erra si longtemps, après qu'il eut renversé la
citadelle sacrée de Troiè. Et il vit les cités de peuples nombreux, et il connut leur
esprit ; et, dans son cœur, il endura beaucoup de maux, sur la mer, pour sa propre vie
et le retour de ses compagnons.
Froment (1884)
Muse , dis moi l'homme adroit qui bien longtemps erra,
Troie aux saints murs détruite, il connut, explora
Maintes cités et mœurs, souffrit beaucoup sur l'onde
Pour vivre et parvenir au retour de son monde ;
Séguier (1896)
Muse, dis-moi ce chef aux manœuvres subtiles
Qui, vainqueur de Pergame, erre si longuement
De maint peuple il sonda les mœurs comme les villes ;
Il souffrit mille maux sur l'humide élément
Pour conserver sa vie et ramener sa troupe.
Bérard (1925)
C'est l'Homme aux mille tours, Muse, qu'il faut me dire, Celui qui tant erra quand, de
Troade, il eut pillé la ville sainte, Celui qui visita les cités de tant d'hommes et connut
leur esprit, Celui qui, sur les mers, passa par tant d'angoisses, en luttant pour survivre
et ramener ses gens.
Dufour et Raison (1935)
Muse, dis-moi le héros aux mille expédients, qui tant erra, quand sa ruse eut fait
mettre à sac l'acropole sacrée de Troade, qui visita les villes et connut les mœurs de
tant d'hommes. Combien en son cœur il éprouva de tourments sur la mer, quand il
luttait pour sa vie et le retour de ses compagnons !
Meunier (1943)
Quel fut cet homme, Muse, raconte-le-moi, cet homme aux mille astuces, qui erra,
après avoir renversé de Troade la sainte citadelle ? De bien des hommes il visita les
villes et s'enquit de leurs mœurs ; il souffrit sur la mer, dans le fond de son cœur,
d'innombrables tourments, tandis qu'il s'efforçait d'assurer sa vie et le retour de ses
compagnons.
Philippe Jaccottet (1955),
« Ô Muse, conte-moi l'aventure de l'Inventif : celui qui pilla Troie, qui pendant des
années erra, voyant beaucoup de villes, découvrant beaucoup d'usages, souffrant
beaucoup d'angoisses dans son âme sur la mer... »
Médéric Dufour et Jeanne Raison (1965)
« Muse, dis-moi le héros aux mille expédients, qui tant erra, quand sa ruse eut fait
mettre à sac l'acropole sacrée de Troade, qui visita les villes et connut les mœurs de
tant d'homme ! »


 

Commenter cet article